Municipales à New York : Zohran Mamdani, le cauchemar socialiste

TRIBUNE

New York s’apprête à élire un maire d’extrême gauche, Zohran Mamdani, symbole d’une Amérique fatiguée d’elle-même. Vingt ans après Rudy Giuliani, la ville de la liberté et la capitale économique mondiale s’apprête à confier son destin à un influenceur sans boussole, s’inquiète Nicolas Conquer, porte-parole des Republicans Overseas France et auteur de Vers un Trump français ? (Fayard, 2026).

L’élection municipale new-yorkaise, suivie avec fascination autant qu’incrédulité, dit beaucoup de l’état moral de l’Amérique. Les habitants de la Big Apple semblent prêts à confier leur destin à Zohran Mamdani, 34 ans, musulman d’origine ougando-indienne, né d’un père universitaire marxiste et d’une mère vidéaste.

Sans expérience gouvernementale, il s’impose pourtant comme la nouvelle coqueluche d’une gauche compassionnelle et victimaire. Il excelle sur les réseaux sociaux : montages millimétrés, slogans incisifs, posture décontractée, il a compris le langage de son époque. Il tranche avec le style compassé des politiciens de carrière. Sa victoire probable confirme qu’il existe désormais, à gauche, un populisme numérique et émotionnel : l’exact antonyme de Donald Trump.

Face à lui, Andrew Cuomo incarne l’Amérique d’hier : celle du pouvoir installé, de l’expérience et des cicatrices, mais incapable de parler à l’Amérique d’aujourd’hui. Héritier d’une dynastie démocrate, fils d’un ancien gouverneur, lui-même gouverneur jusqu’à sa démission en 2021 sur fond de scandales, Cuomo traîne un lourd passif : gestion calamiteuse du Covid, accusations d’agressions sexuelles, arrogance technocratique. Mais lui au moins sait gouverner : antipathique mais compétent, evil but competent, selon la formule locale. Entre l’homme d’État déchu et le tribun sans œuvre, les New-Yorkais semblent avoir choisi le spectacle.

L’argent magique des démocrates

Le maire sortant, Eric Adams, a jeté l’éponge tardivement, laissant une ville au bord de la rupture : métros devenus zones de danger, insalubrité, migrants hébergés dans des hôtels de luxe, police démoralisée. La “city that never sleeps” s’est muée en cité qui s’asphyxie. Dans ce chaos, Mamdani promet la gratuité des transports, le gel des loyers, des magasins alimentaires gérés par la ville, une réduction drastique des interventions policières et une nouvelle hausse d’impôts pour les plus fortunés.

Du “eat the rich” en gélules, dans une métropole déjà étouffée par l’un des fardeaux fiscaux les plus lourds des États-Unis. Le candidat va jusqu’à promettre des hausses de taxes… sur des impôts qui ne relèvent même pas de sa compétence municipale. Le tout, sans chiffrage ni cohérence budgétaire. Encore une fois, c’est “Nick who pays” pour paraphraser nos propres débats hexagonaux : l’argent magique a toujours un contribuable. Les seuls à se réjouir de cette hémorragie sont les promoteurs immobiliers du “sixième borough” de New York : Miami.

Du maire de l’Amérique au maire du « grand remplacement »

Le contraste est saisissant. En 2001, Rudy Giuliani, le “maire de l’Amérique”, incarnait la fermeté et la dignité face au chaos du 11 septembre. Vingt-quatre ans plus tard, la première communauté juive du monde après Israël — 12 % de la population new-yorkaise — s’apprête peut-être à élire un maire incapable de condamner les slogans du “Global Intifada” scandés dans les rues. Sur les campus de Columbia, comme à Sciences-Po Paris, les drapeaux palestiniens ont remplacé les bannières universitaires.

Les appels à la haine d’Israël se sont banalisés, tandis que Mamdani se tait, esquive ou relativise, derrière ce sourire permanent, étudié, presque mécanique, devenu sa principale arme. Il a choisi le silence par calcul, au moment même où la peur s’installe dans les synagogues de Brooklyn.

Mamdani est le produit d’une époque et d’un système. Naturalisé américain en 2018, il profite d’une dynamique électorale façonnée par la naturalisation massive. À New York, les électeurs nés à l’étranger votent à 60% pour lui, quand les natifs ne sont que 30% à le soutenir. Sans cette démographie nouvelle, il n’existerait pas politiquement. Là encore, le parallèle avec la France s’impose : la submersion migratoire a toujours des conséquences électorales.

Un tribun sans œuvre

Rappeur raté, acteur en mal de vocation, Mamdani est un influenceur accompli. Il maîtrise l’émotion, pas la conviction. Sa campagne aura été celle d’un storytelling permanent, soutenue par les figures les plus radicales du Parti démocrate comme Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders. Il a séduit la jeunesse urbaine avec des formules virales et des podcasteurs en renfort, pendant que Cuomo menait une campagne à l’ancienne, prisonnier des codes d’un XXe siècle révolu.

Le moment le plus emblématique reste son mensonge éhonté sur le 11 septembre. Devant les caméras, Mamdani affirma, larmes aux yeux, que sa tante intégralement voilée aurait été victime de l’islamophobie née des attentats. Une histoire émouvante… mais inventée. La prétendue victime vit en Ouganda et n’a jamais porté le voile islamique. Il a pleuré pour une fiction, mais pas pour les primo-intervenants et les trois mille véritables victimes du 11 septembre. Dans n’importe quelle démocratie sérieuse, une telle manipulation aurait mis fin à sa campagne. À New York, elle l’a propulsé.

Quand la liberté se voile

Un politicien français avait récemment suggéré de “rapatrier” la Statue de la Liberté. L’idée paraissait fantasque pour ne pas dire clownesque. Mais à ce rythme, c’est la statue elle-même qui finira voilée. Le vert idéologique – celui d’un islam conquérant et d’une gauche en repentance – s’est insinué dans la Big Apple, comme dans d’autres grandes villes américaines. À Minneapolis, le maire islamo-gauchiste Jacob Frey, qui s’était littéralement agenouillé devant les émeutiers de Black Lives Matter se voit aujourd’hui dépassé par sa gauche et devra affronter, au sein de son parti, un candidat musulman d’origine somalienne.

Dans cet État qu’on surnomme à raison “Little Mogadiscio”, tant la communauté somalienne y est nombreuse — la plus importante hors de Somalie —, l’islam politique s’installe désormais par les urnes, au nom de la diversité et de la tolérance. La nouvelle gauche américaine, émotive et victimaire, troque le mérite pour la repentance. C’est ce que l’essayiste Gad Saad appelle l’empathie suicidaire. Et comme souvent, c’est la ville qui avait inventé la modernité qui expérimente son effacement.

New York est libre de son destin mais aussi maîtresse de son déclin. Si elle choisit Zohran Mamdani, ce sera en toute conscience. Le suicide civilisationnel n’est pas une fatalité : c’est un choix consenti. Amis new-yorkais, vous l’aurez voulu.

Source : Valeurs Actuelles

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