TRIBUNE Alors que la probable victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine pourrait marquer le début de la fin du “wokisme” aux États-Unis, cette idéologie communautariste continue de se répandre en France, au détriment de l’unité nationale et contre toutes nos traditions philosophiques et politiques, met en garde Nicolas Conquer.
Publié le 25 octobre 2024 à 19h00
À la veille des prochaines élections américaines, une dynamique historique semble se dessiner : la victoire de Donald Trump pourrait marquer la fin de l’ère du “wokisme” cette idéologie diversitaire qui a profondément marqué les dernières décennies. Si ce phénomène est particulièrement ancré aux États-Unis, il trouve désormais un écho en France, où des courants indigénistes et racialistes gagnent du terrain. Il est donc crucial de tirer les leçons de ce qui se joue outre-Atlantique.
Kamala Harris, candidate démocrate, incarne cette politique identitaire poussée à l’extrême. Son programme inclut des propositions insensées comme des « réparations » pour l’esclavage, c’est-à-dire des indemnités versées à certaines communautés sur la base de critères purement raciaux. Ce projet s’inscrit dans une logique qui contredit les principes mêmes du mouvement pour les droits civiques porté par Martin Luther King (MLK). Au lieu de promouvoir une société où l’individu est jugé sur la force de son caractère, cette politique met en avant une forme de discrimination positive, qui, au final, ne fait que renforcer les divisions raciales. Les “wokistes” prônent ainsi le contraire du rêve de MLK : la couleur de la peau doit prévaloir sur la singularité et la personnalité de chacun.
Communautarisme
Cette dérive n’est pas sans rappeler certaines tendances en France. Les courants indigénistes et woke, bien que moins visibles, commencent à influencer notre débat public. La France, pays des Lumières, où l’égalité républicaine est un principe fondateur, voit naître des revendications communautaires qui menacent de remettre en cause ce fragile équilibre. Le “wokisme”, sous couvert de progressisme, instaure une véritable police de la pensée. Ces courants ne sont pas une simple mode passagère ou une diversion : ils constituent un schéma de contrôle à grande échelle, visant à segmenter la société en fonction de l’origine, de la couleur ou du genre. C’est un véritable clientélisme, où certaines communautés sont courtisées électoralement au détriment de l’intérêt général.
Aux États-Unis, les effets de cette politique sont flagrants. Les Afro-Américains, notamment, commencent à se détourner de la « plantation démocrate », pour reprendre l’expression utilisée par certains militants. Sous Trump, cette communauté a connu un taux de prospérité et d’emploi sans précédent. Or, avec le programme de Harris, ils sont de plus en plus nombreux à ressentir le sentiment d’avoir été courtisés pour leur vote, sans véritable retour sur investissement. À tel point que Trump est sur le point de réaliser la percée la plus significative auprès de cet électorat depuis Richard Nixon, en 1960. Un basculement historique est en marche.
Le clientélisme de Harris ne s’arrête pas là. Ses propositions d’amnistier des prêts et de légaliser la marijuana sous prétexte d’aider certaines communautés ne sont rien d’autre que des chèques en blanc. Ces mesures sont électoralement opportunistes et irresponsables. Comment expliquer qu’elle n’ait pas mis en place ces propositions lorsqu’elle détenait avec Biden la majorité au Sénat et au Congrès ? La réponse est simple : il ne s’agit que d’un écran de fumée, d’une manœuvre désespérée face à sa dégringolade dans les sondages.
Clientélisme
En France, nous voyons poindre les mêmes dérives. Certains politiques, par peur de perdre des voix, sont prêts à céder au clientélisme, à privilégier des mesures destinées à satisfaire des franges spécifiques de la population, au détriment de l’intérêt général. Le “wokisme”, dans sa version française, ne cherche qu’à diviser, à fragmenter une société déjà fragilisée par la crise économique et sociale. Le danger est réel. Si nous ne nous engageons pas dans cette bataille culturelle, les idées progressistes qui gangrènent la société américaine finiront par s’implanter durablement chez nous.
Comme l’a si bien dit Andrew Breitbart : « Politics is downstream from culture. » Ce sont les idées qui forgent les politiques. Si les idées woke continuent de se diffuser, il est à craindre que des réformes inspirées du modèle américain fassent leur chemin en France. Nous devons rester vigilants et protéger notre modèle républicain, celui d’une société où l’égalité ne se mesure pas à la couleur de peau, mais aux compétences, au mérite et à la force de caractère.
La victoire de Trump serait bien plus qu’un simple triomphe électoral. Ce serait un signal fort, un coup d’arrêt à ces dérives identitaires qui menacent de s’étendre bien au-delà des frontières américaines. La France doit regarder attentivement ce qui se passe outre-Atlantique et se préparer à mener sa propre bataille culturelle contre cette idéologie dévastatrice.



